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1929 - 2008 l'histoire bégaie
2008/10/27,13:20

Octobre, mois maudit pour les marchés boursiers. Après 1929, 2008. En trois semaines et demie, Wall Street et les autres places ont chuté de plus de 25 % en moyenne.

Vendredi 24 octobre, 79e anniversaire du plongeon à Wall Street de 1929, les Bourses ont connu une nouvelle journée noire. A Paris, l'indice CAC 40 a terminé la séance en baisse de 3,54 %, après avoir perdu plus de 10 % en cours de journée et être passé sous la barre des 3 000 points. Tokyo a cédé 9,60 %, Bombay 11 %. L'indice Dow Jones a reculé de 3,59 %.

Depuis début 2008, les places boursières internationales ont perdu la moitié de leur capitalisation. Environ 25 000 milliards de dollars sont partis en fumée, soit deux fois le PIB des USA. Certaines places ont disparu du paysage. La Bourse de Reykjavik a perdu 94 % de sa valeur, Moscou 72 %, tout comme Bucarest.

Ni la mise en oeuvre de gigantesques plans de sauvetage bancaires, ni l'annonce de plans de relance économique massifs ou les appels au calme lancés par les dirigeants politiques et monétaires ne parviennent à enrayer la chute des Bourses. Les investisseurs sont de plus en plus convaincus que l'économie mondiale n'échappera pas à une récession longue et douloureuse.

En Chine, le marché immobilier donne des signes de craquement, ce qui risque de fragiliser l'ensemble du système bancaire. Les fermetures d'usines se multiplient, les entreprises se trouvant privées de leurs débouchés dans les pays occidentaux. En Russie et dans tous les pays producteurs de pétrole, les revenus tirés des ventes de brut fondent au fur et à mesure que le prix du baril s'écroule. Le cours du brent est tombé vendredi à 62 dollars, soit une baisse de plus de 55 % en trois mois. Aujourd'hui le prix du baril est au dessous de la barre symbolique des 60$.

La crise des subprimes dégénère en crise économique globale, qui menace les pays les plus faibles. Vendredi, l'Islande, au bord de la faillite, a annoncé avoir signé un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de 2,1 milliards de dollars (1,7 milliard d'euros). Et la liste des pays en grande difficulté ne cesse de s'allonger : Ukraine, Pakistan, Argentine, Hongrie,etc.

Aux Etats-Unis et en Europe, la contamination de"l'économie réelle "commence à se matérialiser. Selon les chiffres publiés vendredi, l'économie britannique s'est contractée de 0,5 % au troisième trimestre, soit le recul le plus important depuis 1990. En Espagne, le taux de chômage est remonté à son plus haut niveau depuis quatre ans. En France, le climat des affaires est tombé à son plus bas niveau depuis 1993. Quant au marché immobilier, il donne des signes de craquement. Le nombre de transactions va chuter d'au moins 25 % en 2008, ont indiqué les notaires.

Certains secteurs vacillent. Au premier rang d'entre eux, l'automobile. Renault va fermer ses usines en Europe de l'Ouest durant les vacances de la Toussaint. Le président du conseil de surveillance de Volkswagen, Ferdinand Piëch, prédit "une traversée du désert".

Au vu de cette détérioration du paysage économique, les opérateurs boursiers s'attendent à un effondrement des profits des entreprises.Tous les secteurs sont touchés. Les plus exposés sont, la construction, les mines, les grands magasins, l'assurance-vie et la banque. Les valeurs refuges défensives se réduisent à une peau de chagrin : produits de grande consommation, spiritueux... A la Bourse de Paris, la moins mauvaise performance revient à GDF Suez, qui affiche un recul de 21,66 % depuis le début de l'année. La plus mauvaise est le fait de Renault, dont l'action a baissé de 77,12 % depuis le 1er janvier.

L'inquiétude des investisseurs est d'autant plus grande que les marges de manoeuvre monétaires et budgétaires commencent à s'épuiser. En premier lieu, les taux d'intérêt s'approchent de leur plancher. Aux USA, la Réserve fédérale pourrait annoncer, mardi, une nouvelle baisse de son taux directeur, fixé aujourd'hui à 1,5 %. En Europe, les opérateurs s'attendent aussi à un geste de la Banque centrale européenne,dont le taux principal s'établit à 3,75 %. Au Japon, la banque centrale est dans l'incapacité d'agir, son taux directeur se situant à 0,5 %.

Sur le plan budgétaire, les injections de fonds publics pour sauver les banques vont se traduire par une hausse sensible des dettes publiques et par un recours massif à l'emprunt de la part des Etats. Cet afflux d'obligations du Trésor sur les marchés financiers va provoquer une forte remontée des taux d'intérêt à long terme qui jouent un rôle majeur dans le financement de l'économie.

La question de la confiance reste centrale, et personne ne sait bien aujourd'hui quel élément catalyseur est susceptible de la restaurer de manière durable. Le système capitaliste libéral est victime de lui même et s'effondre sur lui même. Tous les arguments qu'il défendait sont aujourd'hui ceux qui se retourne contre lui et vont faire chuter les bourses dans les tréfonds des cotations.

Tous les milliards injectés pour sauver les grandes puissances du capital sont en train de s'envoler à jamais et les petites PME/PMI pour lesquelles on n'est pas intervenu sont en train de déposer le bilan les unes derrière les autres.
Le système capitaliste libéral va se réveiller avec un gros mal de crâne d'avoir oublié que ce qui fait sa richesse et sa puissance c'est le peuple, par son travail, par sa consommation, par son épargne. Ecraser le peuple d'impots, de taxes diverses et toujours plus nombreuses, bloquer les salaires et autoriser même des salaires "pourboire", favoriser le surendettement des ménages, voila les résultats de cette politique, en bout de course à l'argent, il n'y a plus rien et tout s'écroule car ce système, basé sur des fonds finalement factice, a brisé ce sur quoi il était initialement fondé => la confiance, l'emprunt, les placements et le bon fonctionnement de ces rouages en circuit fermé de toute cette capitalisation artificielle.

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